Procrastination : pourquoi remet-on toujours tout à demain.
- Laurence Sanchez

- 6 juil.
- 3 min de lecture
Procrastination : pourquoi remet-on toujours tout à demain. Et pourquoi ce n'est peut-être pas le problème qu'on croit.
Il y a quelque chose de presque rassurant à découvrir qu'on n'est pas seul·e à remettre les choses au lendemain.
Un rendez-vous chez le dentiste qu'on repousse depuis des mois, une déclaration administrative qui dort dans un tiroir, une conversation difficile qu'on évite... la liste est longue, et elle nous concerne presque tous, à des degrés différents.
On aurait tendance à y voir un manque de volonté, un défaut de caractère qu'il faudrait corriger à coups de discipline. Mais en cabinet, ce que j'observe est souvent plus subtil que ça.
Ce que la procrastination cache vraiment
Quand quelqu'un procrastine, ce n'est presque jamais par paresse.
C'est plutôt le signe qu'une partie de soi résiste à quelque chose -une peur, un désir contradictoire, parfois même une protection inconsciente contre l'échec.
On préfère parfois ne pas s'y confronter plutôt que de risquer d'échouer face à un objectif qu'on s'est fixé trop haut.
Et là, le jugement moral qu'on se porte à soi-même " je suis nul·le, je n'ai pas de volonté " ne fait qu'aggraver les choses : il ajoute de la culpabilité à une difficulté qui, elle, mériterait plutôt de la curiosité.
Une tension entre ce qu'on voudrait et ce qu'on fait
Ce qui m'intéresse dans ce phénomène, c'est justement cette tension entre ce qu'on voudrait faire et ce qu'on fait réellement.
On sait qu'il faut marcher, se soigner, s'occuper de tel dossier... et pourtant, on va chercher ailleurs un plaisir plus immédiat pour éviter la contrainte.
Ce n'est pas de l'incohérence, c'est humain. Notre esprit fait sans cesse des compromis entre ce qui nous ferait plaisir tout de suite et ce que la réalité nous impose.
Le problème survient surtout quand on se fixe des objectifs disproportionnés par rapport à ce qu'on est prêt à accueillir, à ce moment précis de sa vie.
Réduire l'objectif avant de réduire sa confiance en soi
Et c'est là qu'il y a, je crois, une vraie clé thérapeutique : réduire l'objectif avant de réduire sa confiance en soi.
Si marcher trente minutes par jour semble insurmontable, on peut commencer par cinq. Pas parce que c'est "suffisant" dans l'absolu, mais parce que c'est ce qui permet de rester en mouvement sans se braquer.
On oublie souvent que la motivation ne précède pas toujours l'action - parfois, c'est l'inverse : une petite action, même minime, réactive le désir d'aller plus loin.
Quand il n'y a pas d'échéance pour nous pousser
Il y a aussi une forme de procrastination plus silencieuse, plus difficile à nommer : celle qui touche aux grandes décisions de vie.
Une rupture qu'on n'ose pas acter, une reconversion qu'on repousse depuis des années...
Ici, il n'y a pas d'échéance extérieure pour nous pousser, pas de facture qui tombe, pas de rappel administratif. Juste nous, face à un choix qu'on sait pertinent mais qu'on n'arrive pas à enclencher.
Dans ces situations, s'entourer devient essentiel - pas pour se faire dicter quoi faire, mais parce qu'un tiers de confiance peut aider à briser un cycle qu'on n'arrive plus à voir depuis l'intérieur.
Ce que ce temps " mort " a peut-être à nous dire
Je ne crois pas qu'on puisse - ni qu'on doive - éliminer complètement la procrastination de sa vie.
Elle fait partie de notre fonctionnement, et elle a parfois une fonction qu'on ignore : laisser de l'espace à ce qui se travaille en arrière-plan, sans qu'on en soit conscient.
Combien de fois une solution nous vient-elle sous la douche plutôt que devant l'écran ? Ce qu'on appelle "temps mort" n'est peut-être pas si mort que ça.
Comment sortir de la procrastination sans se culpabiliser ?
Ce qui compte, au fond, ce n'est pas de devenir quelqu'un qui ne procrastine jamais. C'est d'apprendre à se demander, avec douceur plutôt qu'avec sévérité : qu'est-ce que j'évite, là, en ce moment ? Et qu'est-ce que ça me dit de ce dont j'ai vraiment besoin ?
Procrastination : pourquoi remet-on toujours tout à demain.
Laurence Sanchez - Thérapeute psycho-émotionnelle & somatique
J’accompagne depuis plus de 15 ans des personnes qui portent des blessures profondes : attachement insécure, anxiété, épuisement émotionnel. Mon approche relie corps, système nerveux et émotions, pour nourrir pas à pas un sentiment de sécurité intérieure.
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