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La famille qu'on se choisit : trouver ses ressources

  • Photo du rédacteur: Laurence Sanchez
    Laurence Sanchez
  • 26 mai
  • 4 min de lecture
La famille symbolique est un exercice thérapeutique inspiré de la systémique qui permet de développer des ressources intérieures, du soutien émotionnel et de nouveaux appuis relationnels. La famille qu'on se choisit : trouver ses ressources

La famille qu'on se choisit : trouver ses ressources


Il y a des moments où tout tourne en boucle dans la tête.


On rejoue une conversation. On cherche quoi répondre. Quoi faire. Et plus on réfléchit, moins on y voit clair.


Même nos “bons conseils” finissent par être teintés de peur, de colère, de culpabilité ou de confusion.


C'est exactement pour ça que j'aime l'exercice de la famille symbolique.


Une famille que vous choisissez, vraiment


Le concept vient de la systémique, et il est aussi simple qu'il est puissant : vous constituez un petit groupe de personnages - cinq, idéalement - auxquels vous pouvez vous adresser mentalement quand vous en avez besoin.

Des personnes ressources, mais à votre image, choisies par vous, pour vous.


Ces personnages n'ont même pas besoin d'exister.

Ça peut être quelqu'un que vous connaissez et admirez profondément.

Ça peut être une personnalité publique dont la façon de penser vous inspire.

Ça peut être un personnage de roman, de série, de film. Éléonore Shellstrop de The Good Place, Atticus Finch, votre grand-mère disparue dont le souvenir est apaisé, peu importe.


Ce qui compte, c'est que vous puissiez imaginer ce que cette personne vous dirait.


Une petite contrainte, quand même : essayez d'avoir au moins trois personnages fictifs ou que vous ne fréquentez pas.

Pourquoi ?

Parce que si vous vous disputez un jour avec quelqu'un de votre entourage réel, vous ne voulez pas vous retrouver à court de ressources au pire moment.


Construire, pas juste nommer


L'erreur la plus fréquente avec cet exercice, c'est de s'arrêter au nom.


J'ai choisi Atticus Finch.

Très bien, mais votre cerveau, lui, n'a pas encore grand-chose à se mettre sous la dent.


Pour que ça fonctionne vraiment, il faut prendre le temps de détailler ce que vous aimez chez ce personnage. Pas en surface. En profondeur.


Par exemple : pourquoi Atticus Finch ? Parce qu'il fait face à l'injustice sans perdre son calme. Parce qu'il explique sans condescendance, il tient ses positions sans écraser les autres. Parce que sa force n'est pas dans la rigidité, elle est dans la clarté de ses valeurs.


Trois qualités minimum, exprimées avec vos propres mots.


Et ensuite, fermez les yeux. Prenez une dizaine de respirations. Imaginez ce personnage en train de vivre ces qualités, concrètement.

Pas une image figée - une scène. Quelque chose qui bouge, qui respire.


C'est ce travail-là qui rend le personnage vivant intérieurement.

C'est aussi comme ça que le cerveau commence réellement à s'en servir.

Sans ça, la famille symbolique reste souvent une idée intéressante… mais assez abstraite.


La réunion imaginaire


Une fois vos cinq personnages construits - et après avoir laissé votre cerveau “dormir dessus” une nuit ou deux - vous pouvez commencer à les utiliser.


Face à une situation difficile, vous convoquez un ou plusieurs membres de votre famille symbolique.


Vous imaginez une salle, une réunion. Vous leur posez la question : qu'est-ce que tu ferais à ma place ?


Et vous écoutez.


Ça peut sembler étrange au début. Vous aurez peut-être l'impression que c'est “juste vous qui parlez”. Et c'est vrai, en un sens.

Mais c'est précisément ce qui rend l'exercice intéressant : en passant par quelqu'un d'autre, on contourne parfois les endroits où l'on reste bloqué avec soi-même.

On se donne une permission qu'on ne s'accorde pas directement.


Les thérapeutes utilisent d'ailleurs souvent ce mécanisme : “Qu'est-ce que vous conseilleriez à une amie dans la même situation ?”

Ça débloque parfois quelque chose en quelques secondes, là où la même question adressée à soi-même tourne dans le vide.


Notez ce qui vous vient. Même si ça vous paraît évident. Même si vous pensez que vous y auriez pensé seul.

Le fait de le formuler, de l'attribuer à un personnage que vous respectez, lui donne souvent une autre portée.


Ce que ça révèle, parfois


Il y a quelque chose de subtil dans cet exercice.


Souvent, on choisit des personnages pour des qualités qu'on croit ne pas avoir.


On admire leur courage, leur calme, leur capacité à s'excuser sans se flageller.


Mais ces qualités qu'on leur prête... elles ne viennent pas de nulle part. On les reconnaît. Et ce qu'on reconnaît chez l'autre n'est pas toujours totalement étranger à soi.


Parfois, ces qualités existent déjà en nous mais elles n'ont simplement pas eu beaucoup de place pour se développer.


L'exercice devient alors un miroir doux : pas un outil pour se réparer, mais pour se rappeler ce qu'on sait déjà faire et qu'on oublie d'activer quand on est sous pression.

Vous n'avez pas besoin de cartes spéciales ni de matériel particulier pour commencer.


Un carnet, quelques images découpées, des cailloux posés sur une table si vous aimez le concret.


L’essentiel n’est pas d’aller vite, mais de construire réellement ces personnages avant de vouloir leur demander conseil.


Construire d'abord. Utiliser ensuite. Et faire confiance à ce qui remonte.


La famille qu'on se choisit : trouver ses ressources



Laurence Sanchez -  Thérapeute psycho-émotionnelle & somatique


J’accompagne depuis plus de 15 ans des personnes qui portent des blessures profondes : attachement insécure, anxiété, épuisement émotionnel. Mon approche relie corps, système nerveux et émotions, pour nourrir pas à pas un sentiment de sécurité intérieure.


🌱 Si ces mots résonnent, explorez mes autres articles : ils offrent des pistes concrètes pour prendre soin de votre équilibre.


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