Meilleure version de soi : avez-vous vraiment besoin de devenir meilleur ?
- Laurence Sanchez

- 8 juil.
- 4 min de lecture
Meilleure version de soi : avez-vous vraiment besoin de devenir meilleur ?
Depuis quelques années, l'idée de devoir devenir la meilleure version de soi - parfois de manière implicite - est partout.
Elle peut sembler encourageante, presque évidente… après tout, qui n'aurait pas envie d'aller mieux, de se comprendre davantage, d'être plus apaisé, plus libre, plus aligné ?
Le problème n'est pas là. Il commence quand cette recherche devient elle-même une nouvelle forme d'exigence. Quand même le fait d'aller mieux doit être réussi. Quand se reposer doit être optimisé, quand méditer devient une performance, quand manger, dormir, aimer, travailler, ressentir doivent tous entrer dans une version améliorée de soi-même.
À ce moment-là, quelque chose se déplace : ce n'est plus un chemin intérieur, c'est une pression.
Évoluer n'est pas se maximiser
Évoluer, ce n'est pas devenir meilleur partout, tout le temps. C'est parfois devenir plus vrai - plus capable de sentir ce qui se passe en soi, de reconnaître ses limites, de dire non, de ne plus se perdre pour être aimé. Cela n'a rien à voir avec une version idéale de soi-même.
Il y a souvent une confusion entre évoluer et se corriger, comme si nous étions un problème à résoudre, comme si la fatigue, les réactions, les peurs, les blocages n'étaient que des défauts à supprimer.
Avant de vouloir changer une part de soi, il est souvent nécessaire de comprendre d'abord ce qu'elle a essayé de protéger.
Le contrôle a peut-être aidé à ne pas être débordé. L'hyperadaptation a peut-être permis de garder le lien avec quelqu'un d'important. L'exigence a peut-être donné, un temps, une sensation de valeur. L'anticipation a peut-être servi à éviter le danger.
La fatigue de devoir toujours s'améliorer
Certaines personnes ne sont pas fatiguées parce qu'elles ne font pas assez d'efforts.
Elles sont fatiguées parce qu'elles en font depuis trop longtemps.
Trop longtemps à essayer de mieux comprendre, mieux gérer, mieux travailler, mieux aimer, mieux être.
Et derrière cette amélioration permanente se cache parfois une question plus douloureuse : qu'est-ce que j'essaie encore de prouver ? À quel moment ai-je commencé à croire que je devais devenir quelqu'un d'autre pour avoir le droit d'être tranquille ?
Ce n'est pas toujours visible au début. Souvent, cela se manifeste d'abord dans le corps : une tension qui ne redescend pas, une fatigue qui ne passe vraiment jamais, une irritabilité diffuse, une difficulté à se poser sans culpabilité, l'impression de ne jamais être assez même en faisant beaucoup.
Le corps finit parfois par dire ce que le mental continue, lui, d'organiser. Il dit simplement : ce rythme n'est plus tenable.
Derrière la volonté de s'améliorer, il y a souvent un besoin
Je crois que nous cherchons moins à devenir meilleurs qu'à nous sentir enfin suffisamment en sécurité - en sécurité d'être aimé sans devoir être parfait, d'exister sans devoir prouver, de se tromper sans tout perdre, de ralentir sans être abandonné, d'avoir des besoins sans se sentir "trop".
Vu sous cet angle, la question change. Ce n'est plus seulement comment devenir une meilleure version de moi-même, mais plutôt de quoi ai-je besoin pour ne plus vivre contre moi-même.
Et parfois, ce dont on a besoin n'est ni une nouvelle méthode, ni une nouvelle habitude, ni un nouveau travail sur soi. C'est simplement plus de douceur, plus de réalité, plus de repos, plus de lien, plus de sécurité intérieure.
Changer, oui mais pas contre soi
Bien sûr que l'on peut changer, et heureusement. On peut apprendre à mieux se réguler, à reconnaître ses émotions, à poser des limites, à sortir de certains scénarios relationnels, à ne plus confondre amour et adaptation permanente.
Mais le changement profond ne naît pas toujours de la pression. Il naît souvent, au contraire, d'un espace plus sûr - un espace où l'on peut regarder ce qui se passe en soi sans se juger immédiatement, où l'on comprend que certaines réactions ont eu une fonction, où l'on cesse de se demander pourquoi je suis comme ça pour commencer à se demander qu'est-ce qui, en moi, essaie encore de se protéger.
C'est là que quelque chose peut commencer à bouger - pas parce qu'on force, mais parce qu'on écoute autrement.
Une question pour ralentir
Alors peut-être qu'au lieu de vous demander comment devenir meilleur, la question à se poser serait plutôt : qu'est-ce que je cherche vraiment à obtenir en voulant toujours m'améliorer ?
De la reconnaissance ? Du repos ? De l'amour ? De la sécurité ? La sensation d'avoir enfin le droit d'être comme vous êtes ?
La réponse ne vient pas toujours tout de suite. Mais parfois, la bonne question suffit déjà à desserrer quelque chose.
Parce que vous n'êtes pas un projet à optimiser.
Vous êtes un être vivant, avec une histoire, un corps, des émotions, des besoins, des protections.
Et peut-être qu'une partie du chemin ne consiste pas à devenir meilleur, mais à découvrir que vous n'aviez jamais eu à mériter votre valeur.
Meilleure version de soi : avez-vous vraiment besoin de devenir meilleur ?
Laurence Sanchez - Thérapeute psycho-émotionnelle & somatique
J’accompagne depuis plus de 15 ans des personnes qui portent des blessures profondes : attachement insécure, anxiété, épuisement émotionnel. Mon approche relie corps, système nerveux et émotions, pour nourrir pas à pas un sentiment de sécurité intérieure.
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